Permaculture, agroécologie et autres mystères botaniques

La permaculture, tout le monde ou presque en a entendu parler et pourtant très peu d’entre nous savent vraiment ce qui ce cache derrière ce mot. Pour beaucoup, il s’agit juste d’une méthode de rotation des cultures permettant d’éviter un épuisement des sols et un recours aux engrais. Mais c’est bien plus que ça !

Première idée reçue, la permaculture ne se résume pas à une agroécologie, avec pour simple but de produire bio. C’est un mouvement globaléthique, qui se soucis du bien-être des animaux d’élevage ou de labour, et du respect des personnes et du respect de la faune et flore indigène. Coopération, équité, entraide, durabilité… les mots qui qualifient la démarche sont nombreux. L’objectif est de construire un écosystème complet et auto-suffisant autour d’un groupe d’hommes d’une terre. La démarche ne peut avoir réellement du sens que localement.

Seconde idée reçue, la permaculture n’est pas destinée qu’aux fermes et aux grosses exploitations. Un exemple de permaculture accessible aux tout petit jardins est le fameux potager en carré. Oui, oui, ces petits espaces légèrement surélevés savamment plantés de plantes et de fleurs sont tout droit nés de l’application des principe de la permaculture dans un mouchoir de poche. Bien sûr il est impossible d’être autosuffisant avec seulement quelques mètres carrés, mais cela permet déjà d’avoir accès à une petite quantité de véritables légumes bios savoureux récoltés mûrs et à un large choix de plantes aromatiques.

Troisième idée reçue, ce n’est pas une nouvelle mode, une invention récente. Les premières observations scientifiques sérieuses traitant des interactions inter-espèces (qui se protègent mutuellement ou se nuisent mutuellement) datent de… 1905 ! Quelques décennies après les premières observations de cultures associées de Getrud Franck, la pratique se transforme en sciences et c’est à cette époque qu’apparaît le terme d’allélopathie (l’ensemble des interactions biochimiques, positives ou néfastes, d’une plante sur une autre). Ce n’est donc pas une pratique rituelle de quelques hippies idéalistes, mais bel et bien une véritable démarche scientifique et holistique.

Voici quelques exemples de faits méconnus et pourtant indispensables pour tenir un jardin :

  • Le persil fait dépérir les salades plantées à proximité. Pourquoi ? Parce que son système racinaire rejette des substances dans le sol qui sont trop agressives pour les racines des tendres salades.
  • La carotte fait fuir la mouche de l’oignon et l’oignon fait fuir la mouche de la carotte. En plantant ces deux légumes en alternance dans un rang, on bénéficie d’un protection mutuelle 100% bio.
  • Les limaces détestent l’odeur du cerfeuil. Voilà un moyen respectueux de les envoyer voir ailleurs si les salades des autres sont meilleures !
  • En plantant de la mâche dans les espaces libres entre des choux, on protège le sol (qui ne doit jamais rester nu sous peine d’être lavé par les pluies, de perdre sa richesse et de former une croûte dure et stérile). La mâche est très peu exigeante et ne dérange pas les choux, au contraire, ses racines vont aérer le sol et permettre aux choux de grandir mieux. Et comme elle occupe l’espace, les mauvaises herbes se feront rares. De plus beaux choux, une petite salade parfumée et une corvée de désherbage simplifiée… en voilà un moyen de bien rentabiliser l’espace !

Il est tout à fait possible de se lancer dans un jardin en permaculture même en ville. La première étape du projet consiste à planifier son jardin de manière globale. Point d’eau, point de compostage, verger, potager, serre… éventuellement poules ou mêmes lapins. Il ne faut pas négliger la faune sauvages (insectes et petits animaux) qui seront des alliés précieux dans l’équilibre de l’écosystème. Chaque emplacement doit être mûrement réfléchi en fonction des conditions d’ensoleillement, de l’exposition aux vents, de la nature des sols pour tirer le meilleur parti des cartes que la nature vous donne. Aucun projet ne ressemblera aux autres (il est difficile, voir impossible, de fournir un plan type), car il dépends de trop de facteurs… dont vous même faites partis !

Idées lecture :
Le poireau préfère les fraises aux éditions Terre Vivante
Le potager en carrés : la méthodes et ses secrets aux éditions Ulmer

A vos recherches, à vos crayons et lancez-vous !

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